39 ans, l’âge parfait pour la présidence ?

Rencontre avec Catherine LAPORTE, Médecin Généraliste, MCU[1] à Clermont Ferrand, Présidente du Comité Scientifique du Collège de la Médecine Générale, CMG.

Q : Bonjour Catherine, pourrais-tu nous résumer ton parcours ?

CL : Après un premier cycle à Paris, je suis allée à Montpellier pour le second et troisième cycle. Dès mon premier jour d’internat je me suis retrouvée embrigadée dans ce qui était alors l’AIMGRL[2]. On a organisé le congrès de l’ISNAR-IMG[3] en 2005 et puis je me suis retrouvée au Bureau National. J’y ai été Porte-Parole. J’ai beaucoup porté le dossier « Recherche » et je pense que c’est à force de me battre pour le développement de la recherche que j’ai eu envie d’en faire moi-même. Quand j’ai commencé mon « internat », le DES[4] de Médecine Générale n’existait pas. Il a été créé dans l’intervalle, à la fin de mon internat j’ai donc passé l’ECN[5] pour avoir officiellement un DES. Je me suis alors retrouvée à Clermont-Ferrand. J’ai tapé à la porte du DMG[6] où j’ai postulé pour un clinicat que j’ai obtenu en 2009.

Parallèlement, j’ai pris part à l’Assemblée Générale de la fondation de ReAGJIR[7]. Je suis devenue leur Porte-Parole puis la représentante des Chefs de Clinique.

Au total, j’ai été Chef de Clinique 4 ans,  puis j’ai fait 2 ans comme enseignante contractuelle. Cette année, j’ai passé le concours pour devenir maître de conférences.

Pour moi ça a toujours été un exercice parallèle et complémentaire de pratiquer la Médecine Générale et de faire de la recherche. Mon engagement syndical a été le tremplin pour ça.

Q : Et ton ascension au CMGF[8] ?

CL : Au départ je suis entrée au Conseil d’Administration du CMG pour représenter ReAGJIR. Ensuite j’ai rejoint le comité scientifique. Cette année, j’en étais la présidente et nous avons voulu faire un gros travail de modernisation.

Q : Qu’est ce qui t’as plu dans ce projet ?

CL : Ce qui me plaît c’est qu’une des missions du comité c’est de rassembler la profession. Le congrès n’est ni un congrès purement scientifique ni un congrès de recommandations de pratiques, en fait c’est un peu des deux. On a à la fois des chercheurs et des professionnels de terrains, des DMG et des syndicats. Ça permet par exemple à des médecins qui ne sont pas Maître de Stage de voir des internes faire des communications et se dire « tiens j’aimerai bien encadrer des jeunes comme ça » et qui sait, certains deviendront peut-être MSU[9] grâce à ça.

Cette année nous avons voulu donner une place à des choses plus dynamiques notamment avec l’aide de FAYR-GP[10] pour « Ma thèse en 180 secondes ».  Il y a eu aussi la session « one slide five minutes » qui est inspirée de ce qui se fait au congrès européen. Le niveau était très bon.

Q : Merci Catherine, en guise de conclusion, quel message voudrais-tu faire passer aux internes de Médecine Générale ?

CL : Tout est possible avec de l’imagination, de la ténacité et aussi du militantisme. Il faut être curieux et s’intéresser à ce qui se fait, aller en congrès, lire des publications pour s’en inspirer et vous arriverez à faire ce que vous voulez dans le domaine que vous aimez.

Propos recueillis par Anaïs SAHY,

Chargée de Mission Villes du Sud de l’ISNAR-IMG,

Interne de Médecine Générale à Clermont-Ferrand.

[1] Maitre de Conférence Universitaire

[2] Association des Internes de Médecine Générale du Roussillon Languedoc.

[3]  InterSyndicale National Autonome et Représentative des Internes de Médecine Générale

[4] Diplôme d’Etudes Spécialisés

[5] Epreuves Classantes Nationales

[6] Département de Médecine Générale

[7] Regroupement Autonome des Généraliste Jeunes Installés et Remplaçants

[8] Congrès de la Médecine Générale Française

[9] Maître de Stage Universitaire

[10] French Association of Young Researchers in General Practice