Dis Doc, t’as ton Doc ?

En France, 80% des médecins n’ont pas de médecin traitant personnel. Mythe du surhomme : un médecin ne peut pas être malade ? Peur du jugement : un médecin malade serait un médecin qui ne sait pas se soigner ? Sait-il alors soigner ses patients ? Il faut casser les paradigmes !

Les médecins vont plutôt moins bien que la population générale. C’est d’ailleurs suite aux suicides de trois Anesthésistes-Réanimateurs en l’espace de trois semaines en 2009 que le Collège Français des Anesthésistes-Réanimateurs (CFAR) a lancé la Commission Santé des Médecins Anesthésistes-Réanimateurs au Travail (SMART). C’est cette commission qui est à l’origine de « DIS DOC, T’AS TON DOC ? », ou #DISDOC pour les tweetos.

Les étudiants en médecine et les jeunes médecins ne sont pas en reste. Une enquête commune à l’ISNAR-IMG, l’ANEMF[1], l’ISNCCA[2], et l’ISNI[3] portant sur plus de 21 000 étudiants, internes et jeunes médecins, met en évidence une santé mentale dégradée pour cette population qui est soumise à des risques psycho-sociaux liés au travail plus importants que ceux du reste de la population. Les résultats de cette enquête et les solutions que nous proposons seront présentés lors d’une conférence de presse, le 13 juin 2017.

L’automédication et l’autodiagnostic sont courants chez les médecins, toutes générations confondues. Ceci entraîne quasi systématiquement un retard à la prise en charge, coûteux sur le plan moral et social, qui peut parfois être fatal. Un médecin en moins bonne santé est non seulement un patient à aider mais aussi un soignant moins efficace. Par solidarité et par utilitarisme, il est indispensable que les médecins acceptent d’être, eux aussi, des patients. Comme chaque patient, ils ont besoin d’une oreille attentive et de quelqu’un qui prenne soin de leur santé.

Quel professionnel de santé est mieux armé qu’un Médecin Généraliste pour avoir une vision globale de ce patient particulier ?

Le CFAR a répondu à cette problématique par la mise en place de « DIS DOC, T’AS TON DOC ? ». Sous l’impulsion du Dr Max-André DOPPIA, une large campagne de communication est lancée pour inciter tous les médecins à avoir un Généraliste comme médecin traitant dès la formation initiale et tout au long de leur carrière, quelle que soit leur spécialité.

L’objectif est clair : un suivi médical pour 100% des médecins dès 2027 !

Trente et une structures sont partenaires du projet dont le ministère de la Santé, des journaux spécialisés ou des syndicats de médecins. L’ISNAR-IMG en fait évidemment partie. A nous, futurs Médecins Généralistes de porter ce changement culturel majeur et indispensable pour une meilleure qualité des soins.

Comment participer ? C’est très simple, relayer la campagne ! Rendez-vous sur le site http://www.cfar.org, rubrique « DIS DOC, T’AS TON DOC ? », vous trouverez tous les supports adaptés selon le moyen de communication que vous souhaitez utiliser (Facebook, twitter, affiches, cartes postales etc.) et vous pourrez même bientôt les personnaliser !  Cette campagne se veut également internationale, elle est en cours de traduction dans 18 langues pour une diffusion dans toute l’Europe. A noter, la CFAR propose en libre-service, une boîte à outils pour évaluer la souffrance au travail des soignants.

En bref, une campagne de prévention primaire simple, efficace et mettant le Médecin Généraliste au centre du soin : n’hésitez plus, vous aussi soyez porteurs de #DISDOC !

Stéphane BOUXOM,

Porte-Parole de l’ISNAR-IMG

[1] Association Nationale des Etudiants en Médecine de France

[2] Inter Syndicat National des Chefs de Clinique et Assistant

[3] Inter Syndicat National des Internes