Dispositif de gestion des soins non programmés en région sous médicalisée : un SASPAS aux urgences

Dans le grand secteur de Mauriac; un peu perdu dans le Cantal;  la démographie médicale est en baisse avec, en perspective, de nombreux départs à la retraite de médecins généralistes.

Pour faire face à cette désertification, un médecin généraliste et un urgentiste de Mauriac ont collaboré pour permettre la mise en place d’un nouveau dispositif : une consultation de Médecine Générale par des internes en SASPAS au sein de l’hôpital de Mauriac.

Ce dispositif permet aux médecins généralistes locaux de transférer les patients qu’ils ne peuvent pas recevoir en consultation car leur planning est complet ou qu’ils sont en congés, sans surcharger leurs collègues. Les patients qui n’ont pas de médecin traitant peuvent également consulter et réaliser leur suivi grâce à ce dispositif. Enfin, un certain nombre  de patients sont  adressés par les urgences de l’hôpital pour des motifs de Médecine Générale.

Au total, 70 % des patients ont été orientés  dans le dispositif par les cabinets de Médecine Générale, 20 % sont venus d’eux-mêmes et 10 % ont été adressés par le service des urgences. Il y a eu en moyenne 7.5 patients par jour.

Les principaux freins à l’essor du dispositif sont le manque de communication auprès des généralistes et de la population du secteur ainsi qu’un système ne reposant que sur des internes en SASPAS sans médecin référent attaché  au service. Ce dernier point a mis en difficulté la pérennité du dispositif puisque à la fin du premier semestre d’expérimentation, le poste n’a pas été pourvu par des internes.

Nous étions deux à y travailler avec un mi-temps dans cette consultation et l’autre mi-temps dans un cabinet de Médecine Générale.

Nous exercions en autonomie complète mais en sécurité, puisqu’au moindre doute nous pouvions prendre avis auprès du service des urgences (dans le même bâtiment), ou contacter nos maîtres de stage universitaires libéraux. Nous avions également à disposition le plateau technique de l’hôpital (services de biologie et de radiologie, les autres spécialistes attachés).

L’ARS et le conseil régional sont fortement intéressés par ce dispositif pour palier à la désertification médicale.

A l’avenir, le stage sera pourvu obligatoirement en SASPAS, ce qui permettra la pérennité du projet. Puis, lorsque plusieurs généralistes prendront leur retraite, l’activité augmentera de manière exponentielle et un médecin référent attaché au service sera certainement sollicité.

Ce stage m’a permis de surmonter la peur d’être tout seul à gérer un patient et j’ai beaucoup aimé être en autonomie. Finalement en fin de cursus c’est ce dont on a envie : gérer seul !

Exercice seul oui, mais dans une structure où l’on peut passer du temps avec le personnel, discuter, échanger, boire le café… Il faut dire que la fréquentation n’a pas été très importante et pour débuter je trouve cela plutôt pas mal; j’ai pu prendre le temps avec les patients sans stress.

En effectuant ma thèse sur l’utilité de ce dispositif, je me suis rendu compte de la complexité des rapports entre l’ARS, la région et les médecins de terrain. Comme beaucoup d’études le montrent, seule une collégialité des différents intervenants peut permettre de lutter efficacement contre la désertification médicale.

Ça m’a vraiment plu d’être dans un stage pilote et innovant, en plus dans un bel environnement. Les régions perdues sont belles ! J’espère que le dispositif perdurera !

                                               Florian SCHMITT,

Interne de Médecine Générale à Clermont-Ferrand.