La Santé Communautaire, quèsaco ?

 

La santé communautaire est une des branches de la Santé Publique qui axe ses recherches  sur la prévention et la promotion de la Santé. Elle s’intéresse aux populations et dépasse le cadre de l’individu. Elle interroge donc les dynamiques au sein d‘un groupe et étudie l’évolution des « normes » ainsi que leurs répercussions sur les comportements individuels.

 

La santé communautaire se fonde sur plusieurs principes :

  • La santé est influencée par de nombreux facteurs[1] qui touchent toute une population ou communauté. Ces facteurs, qu’ils soient protecteurs ou associés à un sur-risque d’un événement de santé, sont souvent inégalement répartis entre les territoires ;
  • Le but n’est pas de  « faire pour » les individus, mais de « faire avec » ;
  • L’approche globale et positive de la santé est un prérequis pour interagir avec la ou les communauté(s) étudiée(s).

 

L’objectif est la « capacitation » des membres de la communauté[2], c’est à dire « leur donner la capacité de s’impliquer et non de leur demander directement de participer », comme l’expliquait le rapport d’étude de Planète Publique en 2011[3].

 

Une définition du concept de santé communautaire est proposée en 1978 par l’OMS/UNICEF[4] :

« La participation communautaire est un processus dans lequel les individus et les familles, d’une part prennent en charge leur propre santé et leur propre bien-être comme ceux de la communauté, et d’autre part développent leur capacité de concourir à leur propre développement comme à celui de la communauté. Ils en viennent ainsi à mieux appréhender leur propre situation et être animés de la volonté de résoudre leurs problèmes communs, ce qui les mettra en mesure d’être des agents de leur propre développement au lieu de se cantonner dans le rôle de bénéficiaires passifs de l’aide au développement… S’il faut que la communauté ait le désir d’apprendre, le devoir incombe au système de santé d’expliquer et de conseiller ainsi que de fournir des renseignements clairs sur les conséquences favorables et dommageables des interventions proposées comme sur leurs coûts relatifs. »

 

Pour qui ?

La santé communautaire met en avant l’interprofessionnalité. Afin d’intervenir sur les différents facteurs de santé il faut alors savoir travailler avec les professionnels de différents secteurs. Un programme visant à étudier et améliorer certains de ces facteurs peut ainsi s’organiser au sein d’une équipe de professionnels au sein d’un réseau de santé par exemple.

 

Afin de tendre vers une action efficace, c’est-à-dire centrée sur l’individu en tant que membre d’un groupe, il est donc nécessaire de travailler avec des intervenants de différents domaines, allant des psychologues aux infirmiers et aides-soignants, en passant par les professionnels du secteur social et administratifs, les citoyens, les élus et les acteurs de terrain de tous bords intéressés par la problématique.

 

Ces notions de santé communautaire participative sont particulièrement défendues en France par deux acteurs principaux : l’Ecole de Santé Publique de l’Université de Nancy, et l’Institut Théophraste Renaudot.

 

L’Institut Renaudot

« L’institut Renaudot est une association qui vise à promouvoir les démarches communautaires en santé. »

 

L’institut Renaudot donne cette définition de la santé communautaire[5]  :

  • « une base collective pour la ou les action(s) à construire : ensemble d’habitants ou groupe, réuni(s) pour un problème, une situation, un objectif communs ;
  • un repérage collectif des problèmes, des besoins et des ressources : le diagnostic communautaire ;
  • la participation ouverte à tous les acteurs concernés: spécialistes, professionnels, administratifs, politiques, usagers, ce qui signifiera :
  • une implication de la population dans l’identification de ce qui pose problème, pour mobiliser ses capacités et participer à l’ensemble du processus ;
  • un décloisonnement professionnel : transdisciplinarité, pluridisciplinarité, etc. ;
  • un décloisonnement institutionnel : inter-sectorialité ;
  • un partenariat ;
  • un partage de savoirs et de pouvoirs. »

 

L’institut propose de nombreuses ressources bibliographiques et formations pour vous accompagner si vous souhaitez vous lancer dans un projet de pratique de soins communautaires sur un territoire. Vous pouvez également, pour plus d’informations, visionner cette vidéo de présentation de l’Institut Renaudot.

 

La prévention et le travail en réseau étant au cœur de notre pratique quotidienne en Médecine Générale, cette notion de Santé Communautaire constitue un piste de réflexion intéressante.

 

 

Gabriel PERRAUD,

Chargé de Mission de Lutte contre les conflits d’intérêts,

Interne en médecine générale à Brest.

L’auteur déclare ne présenter aucun conflit d’intérêts.

 

[1] http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/ISS/determinants-sante.asp

[2] Définition de communauté : Une communauté est un groupe d’individus qui vivent ensemble dans des conditions spécifiques d’organisation et de cohésion sociales. Ces membres sont liés à des degrés variables par des caractéristiques politiques, économiques, sociales et culturelles communes ainsi que par des intérêts et des aspirations communs, y compris en matière de santé. Les communautés sont de taille et de profils socio-économiques extrêmement variés, allant de grappes d’exploitations rurales isolées à des villages, des villes et des districts urbains plus structurés. Source : OMS/UNICEF, Alma Ata 1978. Les soins de santé primaires. OMS, Genève, réimpression 1986, pp. 55-56

[3] Etude sur les modes de participation des usagers-citoyens à la prise de décision en santé, Rapport technique 2011

[4] Déclaration d’Alma-Ata, 1978.

[5] http://www.aphekom.uvsq.fr/IMG/pdf/AU_SUJET_DE_LA_SANTE_COMMUNAUTAIRE.pdf

 

Pour aller plus loin

Planète publique – solidarites-sante.gouv.fr – http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/Etude_Planete_publique_05_Sante_communautaire.pdf

Institut Renaudot – http://www.institut-renaudot.fr/index.html

Conseil National des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale – Dr Pierre LARCHER –  https://www.cnle.gouv.fr/IMG/doc/Art_Sante_Commun.doc