Mettre l’accès aux soins dans les territoires au cœur du débat ?

« Hé pourquoi faire ? »

En tant que futur médecins, nous devons faire entendre notre voix et nos priorités en matière de santé dans le débat publique. Afin d’améliorer le système de soins de demain. L’ANEMF, l’ISNCCA, le SNJMG et ReAGJIR[1], sous l’impulsion de l’ISNAR-IMG ont donc souhaité créer une dynamique autour de la question de l’accès aux soins dans les territoires.

Nous inviterons, à l’occasion d’une convention le 15 mars prochain à Paris, les décideurs politiques et les acteurs de la santé et les représentants des patients à faire le point collectivement sur les solutions efficientes, applicables et pérennes.

Alors que la santé constitue une priorité pour les Français, nos concitoyens considèrent qu’elle est trop absente des débats publics et des programmes présidentiels. Nous inviterons donc les candidats à réfléchir eux-aussi à la question et à exposer leurs propositions en la matière pour que chacun puisse choisir en connaissance de cause.

Eviter les fausses bonnes idées

A l’approche des élections présidentielles, des propositions en matière d’accès aux soins sont brandies : développement de la télémédecine, soutien de la création de maisons de santé, augmentation du numérus clausus, conventionnement sélectif, stage obligatoire en zone rurale, suppression de l’AME[2]… Certaines sont intéressantes d’autres dangereuses.

Un amendement au PLFSS[3] puis la proposition de Loi VIGIER ont animé l’hémicycle autour de la question. Entre conventionnement sélectif ou obligation d’installation en zone sous dense après l’internat, les auteurs semblaient chercher une baguette magique. Naïf ou démago ? Pourtant plusieurs études[4]  l’ont montré, les mesures coercitives ne fonctionnent pas.

Faire le choix de mesures efficaces

A l’inverse, les mesures incitatives ont déjà fait leurs preuves, comme en Aveyron[5]. Ce département a mis en place une politique globale d’accueil des internes et depuis, la tendance du nombre de départs s’est inversée, 37 internes ont émis le souhait de s’installer et 5 ont demandé un CESP[6].

Nous avons la responsabilité d’imaginer un système de santé solidaire et éthique avec des médecins bien formés et heureux d’exercer leur art, dans l’intérêt premier du patient.  La convention permettra de défendre nos positions tout en marquant notre envie de concertation.

Agnès CORNU

Interne à Caen

Vice-Présidente de l’ISNAR-IMG

[1] Dans l’ordre : Association Nationale des Etudiants en Médecine de France, InterSyndicat National des Chefs de Clinique et Assistants, Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes, Regroupement Autonome Représentatif des Internes de Médecine Générale

[2] Aide Médicale d’Etat

[3] Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale

[4] Les Epreuves Classantes Nationales donnant accès au 3ème cycle des études médicales, ONDPS (Observatoire National Des Professionnels de Santé) 2015
Les conditions d’installation des médecins de ville en France et dans cinq pays européens, ONDPS, 2015

[5] La démographie médicale en région Midi-Pyrénées – Situation en 2015, Conseil National de l’Ordre des Médecins

[6] Contrat d’Engagement de Service Public