Portraits d’internes

Des internes en Médecine Générale vous font entrer dans leur intimité en partageant leurs histoires simples, drôles, émouvantes, belles et parfois difficiles de leur vie d’interne.

Jeanne, interne à Marseille

« #racontemaviedinterne, allez je joue le jeu :

Je viens de Nancy et j’ai choisi d’aller au soleil à Marseille pour mon internat, je ne regrette pas. L’avantage de l’internat en Médecine Générale dans le sud, c’est qu’on a un super internat dans la ville et surtout de belles périphs à la mer ou à la montagne.

 Au premier semestre je vivais à l’internat de la Timone à Marseille, c’est un des plus grands internats de France. On est 130 internes à vivre tous ensemble. On a un ciné, un billard, un baby foot, une salle de squash et même une piscine de 30m2. Ensuite je suis allée en Corse. Ma chambre était à deux pas de la plage… Les vaches rentraient dans certains hôpitaux pour se rafraîchir lors des fortes chaleurs ou se prélassaient sur la plage quand il n’y avait pas trop de touristes. Maintenant, rien à voir, je suis à la campagne, dans un village luberonnais, près de Manosque où je vis en colocation dans un petit cabanon en pierre au milieu de nulle part.

 On peut vraiment changer de vie tous les 6 mois et il y en a pour tous les goûts ! »

 

Aurélien, interne à Lyon

« Je repense souvent à ce patient que j’avais suivi lors de mon stage en onco-hémato.

Je l’avais connu tout au début de sa maladie, depuis le moment du diagnostic de son myélome puis lors de ses séances de chimiothérapie en hôpital de jour.
Au début notre relation était assez froide puis petit à petit une confiance mutuelle est née et s’est installée.
Malheureusement, les traitements ne faisaient plus effet, son état s’est alors aggravé et il a dû être hospitalisé. J’ai donc finalement été impliqué dans sa fin de vie. Nous avons, avec ses proches, beaucoup discuté de l’évolution de sa maladie et du risque de décès rapide. Je me suis beaucoup (peut-être trop) impliqué, j’allais jusqu’à retourner dans le service le soir pour m’assurer que tout allait bien.

Les coïncidences de la vie font qu’il est décédé le dernier samedi de mon stage.

 Malgré cette histoire somme toute un peu triste, je reste marqué par la belle relation médecin-malade que nous avions et par les bons moments que nous avons partagés. »

 

Maxime, interne aux Antilles

« Aux urgences de Pointe-à-Pitre on a toujours des histoires à raconter ! Une de celles qui m’ont le plus marqué est lors d’une de mes premières journées au déchocage.

 Un patient se présente pour douleur thoracique. Bien entendu on lui fait un ECG[1]. On trouve alors un ST+ sur plusieurs dérivations confirmant le diagnostic d’infarctus du myocarde. On prépare tout pour l’emmener en salle de coronarographie en urgence. Apparemment, ce n’était pas assez rapide pour lui donc il a arraché toutes ses électrodes et tape sur mon épaule et me dit « Bon là franchement j’en ai marre d’attendre donc je vais rentrer, vous pouvez me commander une ambulance s’il vous plait ? » On lui explique donc avec mon chef la gravité de la situation et que s’il part c’est contre avis médical mais malgré toute tentative de négociation il est quand même parti, et à pieds du coup… »

 

Témoignages recueillis par Isabelle CHANG,

Trésorière de l’AMI (Association de Moyens de l’ISNAR-IMG)

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[1] Electrocardiogramme