Pour les cinq prochaines années…

Nous jurons de respecter « toutes les personnes, […], sans aucune discrimination […]. [D’intervenir] pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité ».»[1]

Pour tenir cette promesse, nous avons besoin d’un système de santé qui nous le permette .

L’élection présidentielle est un catalyseur d’annonces, de propositions et de débats.

En tant qu’internes aujourd’hui et médecins généralistes demain, nous avons la responsabilité d’exiger que la santé soit au centre des débats et au cœur des programmes des candidats. Nous devons être acteurs des débats  pour y défendre nos propositions.

Certains proposent l’abandon partiel ou total du Numerus Clausus (NC). La politique du yo-yo et une augmentation massive du NC n’améliorent pas la répartition des médecins et entraînent une détérioration de la qualité de la  formation.

Les terrains de stage  sont saturés. Or la formation pratique est au cœur de notre apprentissage.

Une meilleure solution existe ! Notre formation doit s’ouvrir d’avantage aux territoires, ce qui est indispensable pour favoriser une meilleure répartition sur les différents bassins de vie. Demandons une politique ambitieuse en la matière !

Autre mesure évoquée : la contrainte  à l’installation. Le conventionnement sélectif ou  l’obligation d’exercer après son internat dans une zone fragile sont des mesures ayant prouvé leur inefficacité.

Elle comprennent des risques tels la baisse  de l’attrait pour l’ambulatoire ou l’encouragement du déconventionnement, ce qui est délétère pour les patients.

Les mesures incitatives commencent à faire la preuve de leur efficacité. Encourageons les initiatives locales et les aides nationales mises en place en ce sens.

L’attractivité de l’installation pour les jeunes médecins  passe aussi par la mise en place d’un modèle où ils se reconnaissent, où ils ont le choix du mode d’exercice et où il peuvent développer des initiatives  en termes de projets de santé publique, de prévention, d’inter-professionnalité, toujours au service du patient.

Enfin, nous prêtons tous le serment d’Hippocrate. Chacun  jure de respecter « toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. [D’intervenir] pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, [de ne pas faire] usage de [s]es connaissances contre les lois de l’humanité » et  de donner « [s]es soins à l’indigent et à quiconque […] les demandera. [De ne pas se laisser] influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. »

Pour cela, nous avons besoin d’un système de santé qui nous permet de soigner nos patients, quels que soient leur passé,  leur couleur de peau,  leurs origines,  leur niveau de revenus, leur pathologie. C’est la base de l’égalité d’accès aux soins. C’est surtout la base de notre métier : soigner l’Homme, l’Humain.

Ces propositions que nous portons pour garantir la santé de nos concitoyens ne sont pas exhaustives.  Investissez le débat, lisez les programmes et gardez un regard critique.

Choisissez pour vous et votre pays un système de santé qui vous correspond. Allez voter !

Pour le Bureau de l’ISNAR-IMG,

Racha ONAISI
Première Vice-présidente

Interne de Médecine Générale à Bordeaux

[1]                     Serment d’Hippocrate (version moderne)