S’installer en maison médicale de garde, vous connaissez ?

Rendue possible grâce à ce que l’on appelle une « maison médicale de garde professionnalisée », l’installation en maison médicale de garde (MMG) est assez peu connue du grand public. C’est pourtant ce qui a été fait à Aurillac, dans le Cantal, où des médecins sont installés à la maison médicale de garde, avec comme exercice principal la Permanence De Soins Ambulatoire (PDSA). Cet exercice est basé sur un objectif assez simple, rappelé par le Dr Jacques DALBIN, président de l’AMBAC1 : « le médecin qui travaille le jour, ne travaille pas la nuit parce qu’un médecin qui travaille jour et nuit devient dangereux d’abord pour ses patients, puis pour lui-même ».

Le postulat de départ est donc que les médecins installés à la maison médicale assurent la permanence des soins sur tout le secteur de garde, toutes les nuits et tous les week-ends. En échange, les médecins du secteur, libérés des gardes, assurent la régulation téléphonique.

La régulation, pour quoi faire ?

Elle apporte de nombreux avantages :

  • Un interlocuteur disponible pour l’aide à la décision et à l’orientation pendant toute la durée de la garde, donc une sérénité dans l’exercice
  • Une souplesse d’organisation
  • L’assurance de ne consulter que pour des motifs qui le nécessitent.

La régulation est assurée jusqu’à 22h par un médecin généraliste du secteur, le relais est ensuite pris par le médecin urgentiste du centre 15.

Actuellement, deux médecins sont installés sur la MMG d’Aurillac. Ils se partagent les gardes et sont épaulés par huit internes ou jeunes médecins remplaçants qui complètent le planning. Pas moins de 56 médecins ont participé à cette activité depuis sa création en 2008, menant à près de quinze installations. Ce mode d’exercice, où l’on peut toujours avoir recours à l’avis d’un « sénior », et donc à une prise de décision partagée, permet de débuter plus sereinement, de se familiariser avec l’exercice libéral en cabinet et, au final, facilite l’installation.

Quelle activité ?

Grâce à un accord passé avec l’ARS2, la rémunération de l’astreinte est doublée et les frais de fonctionnement sont assurés par l’association. Par ailleurs, le Conseil de l’Ordre autorise, contrairement à une installation classique, la réalisation de remplacements en parallèle.

Le secteur de garde concerne un bassin d’environ 50 000 habitants, ce qui permet de réaliser 3 ou 4 consultations par nuit en moyenne, 15 à 25 le samedi et 20 à 30 le dimanche. Il est ainsi possible de travailler à son rythme, sans pression. L’activité est variée, à l’image de ce qu’on peut rencontrer en médecine générale ambulatoire «de jour », avec un bon nombre de consultations de pédiatrie, un peu gériatrie en maison de retraite, un peu d’hospitalisation sous contrainte et quelques gardes à vue.

En quelques mots, ça apporte quoi ?

Un confort de vie inégalé, une souplesse horaire avec peu de contraintes du fait de l’absence de réelle urgence vitale en PDSA3 régulée, ajoutés aux bénéfices de la régulation sus-cités.

Et pour la suite ?

L’ambition que se fixe l’AMBAC est d’ouvrir deux à trois autres structures du même type, de façon à couvrir toute la PDSA du département du Cantal !

Maxence PITHON,

Vice-président de l’ISNAR-IMG

Interne de Médecine Générale à Clermont-Ferrand.

1 Association des Médecins du Bassin d’Aurillac et du Cantal

2 Agence Régionale de Santé

3 Permanence Des Soins Ambulatoire